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Arty Cool Insolite

Étiquette contre étiquette

juin 2021

Quand l’étiquetage est un art dans le vignoble bordelais

L’étiquette de bouteille : c’est nous !

Oui, vous pouvez nous croire, l’étiquette de la bouteille de vin a été inventée à Bordeaux au XIXe siècle. Cyprien Gaulon, imprimeur bordelais a la brillante idée de créer des « vignettes » en utilisant la technique de la lithographie, tout juste inventée en Allemagne. Alors que jusque-là, l’identification des crus se révélait assez acrobatique, entre bouchons de cire ou fils colorés autour du col et autres coups de pinceaux sur les bouteilles, il révolutionne ainsi l’identification des vins par un procédé d’imprimerie novateur, révélant clairement au public l’origine des crus.

Eviter les étiquettes…

Car c’est avant tout une histoire humaine qui se raconte, derrière chaque étiquette. Ici, dans le bordelais, les châteaux et domaines, petits et grands, rivalisent de créativité en la matière. De la sobriété à la représentation de la façade du château (il faut dire qu’on est plutôt bien lotis côté architecture…), la création d’une étiquette est tout un art et une question de choix. Mode de distribution, temps de conservation, clientèle visée, volume produit, technique d’étiquetage, choix du papier, budget… Les critères à prendre en compte ne manquent pas.

Complètement déglinguée cette cuvée !

 

(Château Lusseau, Route des Vins de Bordeaux en Graves et Sauternes) ©Benoît Macaigne pour Château Lusseau

L’ambition : un vin festif, flatteur, à boire sans complexe ; faire du Bordeaux jovial et convivial pour casser les codes. Le résultat : une bouteille de forme Bourgogne (pardon ? à Bordeaux, ils ont osé ? oui oui !) et une série de 6 étiquettes pour le moins non conventionnelles, comme autant de scénettes révélant le personnage de la Bérue (surnom loufoque de la vigneronne) dans tous ses états. Un vin des plus décalés, propice aux festivités !

Histoire d’amour, entre deux rives

 

(Cuvées Bô Médocain & Belle de Blaye) ©Pauline Lenain 

Cette histoire d’amour nous est contée par Pauline, graphiste de La Lettre M, à qui Jérôme et Céline ont confié la mission de dessiner leur rencontre via les étiquettes de deux nouvelles cuvées. Elle, fille de viticulteur dans le Blayais. Lui, maître de chai dans les crus du Médoc. Entre eux, l’estuaire de la Gironde. « L’estuaire a rapidement fait l’objet de recherches plastiques. L’idée m’est venue de séparer le papier en deux, telle la racine de la vigne qui plonge dans le sol, pour un design moderne et épuré. » La technique commune aux deux étiquettes mêle dorure à l’or chaud mettant en lumière de petits éclats tels des îles, et vernis galbé soulignant le motif de l’eau. 

La sensualité en mouvement

 

(Château Jouvente, Route des Vins de Bordeaux en Graves et Sauternes) ©Château Jouvente

Au Château Jouvente, on travaille avec Ronan De la Croix, commissaire en art, pour l’habillage des vins de Graves. Ici, il vous faudra choisir entre la sensualité d’une naïade dessinée par Marie Casaÿs, et l’élégance de la panthère, marquant les cuvées spéciales du château, avec la création de la street-artiste Caroline Desnoëttes. Chaque cuvée exceptionnelle se pare de cet animal totem qui nous fait les yeux doux, symbole de force, d’agilité et l’associe au nom d’un membre de la famille. 

Une rencontre passionnée

 

(Château Gravas, Route des Vins de Bordeaux en Graves et Sauternes) ©Château Gravas

Ils se sont rencontrés il y a 13 ans, et depuis ils ne se quittent plus ! Entre Florence et Michel Bernard, propriétaires du Château Gravas, et Paul Flickinger, artiste peintre, c’est un véritable coup de foudre, autour de l’art et du vin. Pour eux, l’artiste crée, expose sur la propriété ses oeuvres, et propose ses tableaux pour orner les étiquettes de certaines cuvées. Derrière chaque bouteille, une histoire : une trilogie tricolore nait de cette amitié, avec L’Esprit de Gravas, Les Sensations de Gravas, et enfin, La Tentation de Gravas, qui révèle par son étiquette l’amour du couple, homme et femme solidaires et passionnés dans l’exploitation de leur propriété. 

L’enfance de l’art

 

 

(Château Grand Launay, Blaye et Bourg) ©Château Grand Launay

En voyant ses enfants crayons à la main, Pierre Henri Cosyns se remémore le château qu’il avait dessiné sur un cahier d’écolier, et que son père qui avait repris sur une étiquette. Il leur propose alors de jouer les artistes, comme il l’avait fait 30 ans plus tôt. Les dessins d’Henri et Léon, 7 et 10 ans, se retrouvent ainsi sur l’étiquette de certaines cuvées, apportant fraîcheur et légèreté à l’image de ces vins. Un trait enfantin comme un clin d’œil au naturel des vignes cultivées en biodynamie. 

 

L’histoire qui fait date

         

 

(Château Mouton Rothschild, Médoc) ©Château Mouton Rothschild

Le baron Philippe de Rothschild fut le pionnier de l’alliance entre l’art et le vin, quand, en 1924, il demande au publiciste Jean Carlu la création d’une œuvre originale. Pour la famille, le vin est un art, qui traverse le temps. Ce sont là les prémices d’une collaboration artistique qui reprendra dès 1945, chaque année sans faillir, avec des artistes de renom. En 2018, c’est l’artiste Xu Bing qui crée, selon les codes de l’idéographie chinoise traditionnelle, sa Square World Calligraphy composée en réalité de caractères latins. La splendeur illusoire des apparences. Exposition permanente « L’art et l’étiquette » au château, avec les œuvres originales ; Visites sur réservation. 

 

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